Le Courrier de la Biélorussie
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Biélorussie

-  Capitale : Minsk
-  Population : 10 M hab.
-  Superficie : 207 600 km²

Le Courrier de la Biélorussie
Après les « élections » biélorusses : conscience contre violence

Le plébiscite ayant été organisé par les autorités biélorussiennes en faveur d’Aliaksandr Loukachenka et lui ayant donné 83% des voix sur 90% de participation peut-il être encore qualifié d’élection ? Contrairement à ses mandats précédents, le troisième mandat d’Aliaksandr Loukachenka naît pourtant bien sous le signe de la contestation populaire, ce qui ne présage pas de la plus grande sérénité dans la suite de son règne.

Par Virginie Symaniec

Tout à été mis en œuvre pour parvenir à ce résultat annoncé au soir du 19 mars dernier : référendum anti-constitutionnel octroyant au président sortant la possibilité de se présenter pour un troisième mandat, avancement de la date de l’élection de juillet à mars pour limiter la possibilité de l’opposition à faire campagne, vaste pétition collective à l’heure de l’enregistrement des candidats conférant à A. Loukachenka plus de 2 millions de signatures, pressions administratives, fiscales et harcèlement de toutes sortes sur les contestataires du régime, blocage de la diffusion de la presse indépendante du pays, limitation du temps d’accès aux médias d’Etat pour les candidats d’opposition, promulgation de décrets prévoyant de condamner les Biélorussiens diffusant de « fausses informations » sur la Biélorussie à l’étranger, et d’une manière générale, renforcement de la stratégie de peur déjà appliquée depuis douze ans dans le pays afin de soumettre les plus récalcitrants...

C’est que, selon les autorités, les opposants au régime autoritaire biélorussien allaient chercher à imiter le scénario ukrainien et fomenter, non pas une « révolution », mais « un coup d’Etat » en jetant des bombes dans la foule. Aussi fallait-il prévenir la population : selon les propres termes du président, il n’y aurait pas de révolution orange, bleue ou de la banane en Biélorussie, et selon ceux du chef du KGB, tout manifestant cherchant à contester les chiffres du scrutin dans la rue suite à l’annonce des résultats serait considéré comme un terroriste.

Dans les campagnes, les bureaux de vote étaient ouverts une semaine avant la date du scrutin et les électeurs, eux, amenés massivement en bus sur les lieux de vote, lorsque ce ne sont pas les urnes qui se déplaçaient vers eux. Seuls deux membres de l’opposition furent autorisés à faire partie des commissions électorales dans un dispositif favorisant la fraude. Des observateurs dépêchés sur place ont depuis témoigné d’irrégularités et ont eu tout loisir de se plaindre de ne pas avoir été autorisés à assister au dépouillement.

Les Biélorussiens allaient-ils toutefois manifester dans l’atmosphère de peur générée par leur gouvernement ? Ils furent plus de dix mille à se réunir dans les rues de Minsk au soir du premier tour à l’annonce de la « victoire » d’A. Loukachenka. Une mobilisation qui avait de quoi surprendre pour au moins deux raisons : dans le contexte autoritaire qui caractérise ce pays depuis un peu plus d’une décennie, aucune manifestation n’avait atteint une telle ampleur depuis le printemps 1996 ; connaissant les méthodes employées depuis 1995 par le président pour étouffer toute forme de contestations, il y avait en outre fort à parier que toute tentative de manifestation serait durement réprimée.

Ce fut chose faite au soir du 25 mars, anniversaire de la proclamation d’indépendance de 1918 (dit jour de la liberté), tandis que l’opposition avait de nouveau appelé à dénoncer le résultat trop attendu du scrutin. Dans la semaine qui avait précédé cette action, des centaines de personnes avaient déjà été arrêtées en marge des manifestations sur la place d’Octobre. Les forces de l’ordre avaient même organisé des raids nocturnes pour disperser les manifestants, puis ternir leur image devant les caméras de télévision nationales : gros plan sur les bouteilles de vodka et les revues pornographiques soi-disant retrouvées dans les tentes installées par les occupants du centre ville. Le 25 mars, non seulement les forces anti-émeutes s’en prirent à la foule des citoyens biélorussiens descendus dans la rue pour contester de manière pacifique le résultat de l’élection présidentielle, mais un millier d’arrestations succédait aux coups de matraques.

La violence des images et des témoignages provenant de Biélorussie à l’issue de cette journée contribue aujourd’hui à défaire le mythe déjà bien malmené du Aliaksandr Loukachenka « président populaire », qui, finalement si peu assuré de sa victoire et de sa popularité réelle en dépit des moyens de propagande mis en œuvre pour l’assurer, s’est vu obligé de s’imposer. Il en va également de même de la fable tant galvaudée du peuple biélorussien soi-disant demandeur de dictature. Des questions toutefois demeurent : les opposants à son régime parviendront-ils à rester unis en vue des prochaines élections législatives en dépit des maltraitances physiques et morales dont ils ont été victimes au cours de ces derniers mois ? Quelles nouvelles mesures coercitives seront prises dans un avenir proche par le gouvernement biélorussien pour endiguer le flot grandissant des mécontentements à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ? La diffusion au sein de la société biélorussienne d’une l’idéologie d’Etat et les effets d’annonce mille fois assénés sur le miracle loukachévien de développement politique et social « proprement biélorussien » suffiront-ils encore longtemps à sauvegarder les apparences et l’image du « dictateur acceptable » ? Contrairement à ses mandats précédents, le troisième mandat d’Aliaksandr Loukachenka naît bien sous le signe de la contestation populaire, ce qui ne présage pas de la plus grande sérénité dans la suite de son règne.

> Après les « élections » biélorusses : conscience contre violence
Posté le 2 août 2007, par mikael
actualité

Pour suivre l’actualité de la biélorussie, tu peux aller sur mon blog http://mikael6363.skyblog.com
> Après les « élections » biélorusses : conscience contre violence
Posté le 4 novembre 2006, par Fabien_JE-France


Salutations européennes,

Le Taurillon et les Jeunes Européens France n’oublient pas la Biélorussie après la manif pré-électorale des dernières présidentielles du côté de Beaubourg.  ;-))

Nous avons d’ailleurs fait un article sur le prix Sakharov 2006 donné à Milinkievitch.

D’ailleurs si vous voulez écrire un article pour le Taurillon sur ce qu’il se passe en Biélorussie, nous en serions très heureux !

N’hésitez pas à nous contacter : vice-president@jeunes-europeens.org (c’est mon adresse mail actuelle)

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