Capitale : Minsk
Population : 10 M hab.
Superficie : 207 600 km²
Le seul lycée en langue biélorusse de Biélorussie est interdit. Cet établissement, symbole de la renaissance nationale et culturelle du pays, survit depuis trois ans dans la clandestinité, grâce à l’enthousiasme et à la conviction des enseignants, des élèves, et de son directeur, Vladzimir Kolas. Portrait d’une institution qui dérange le régime de Loukachenko.
Le lycée biélorusse de Minsk fête ses quinze années d’existence, mais depuis trois ans, il est interdit. Durant deux années scolaires, les cours ont eu lieu dans des appartements privés éparpillés à travers Minsk. Depuis la rentrée dernière, une vaste maison d’un faubourg de Minsk, dont nous ne donnerons pas le nom pour des raisons de sécurité, accueille les 80 élèves et les enseignants. Tous sont cependant contraints à de longs trajets en bus et en train de banlieue pour s’y rendre.
Cela n’entame pas leur optimisme. Une ambiance détendue et familiale règne dans les petites pièces transformées en salle de cours. « Nous étudions ici, parce que nous voulons faire nos études en biélorusse », expliquent deux élèves de terminale, Andrei et Vika. « Nous savons aussi que nous avons les meilleurs enseignants du pays, et la motivation rend ce lycée exceptionnel ».
Le directeur du lycée, Vladzimir Kolas, un ancien enseignant d’anglais et de russe devenu cinéaste, ne peut qu’approuver ces propos. « Lorsque nous avons créé le lycée, nous avions deux objectifs : permettre aux élèves d’étudier en biélorusse et nous libérer des dogmes communistes. À l’époque soviétique, il existait, comme aujourd’hui, un réseau d’écoles primaires en langue biélorusse, mais les élèves devaient poursuivre leurs études en russe, la langue de la promotion sociale en URSS. Le biélorusse était une discipline facultative, reléguée à un rang folkorique. Nous voulions aussi établir des programmes sur l’histoire de la Biélorussie, sa culture et sa littérature », explique-t-il. « Nous avons réussi à réunir les meilleurs enseignants dans toutes les disciplines ».
Le lycée a bénéficié des derniers souffles de la perestroïka. Après l’indépendance de la Biélorussie, 200 élèves étaient inscrits, et il comptait aussi un réseau de relais en province, dans toutes les grandes villes du pays. Les enseignants du lycée ont été sollicité pour réaliser de nouveaux programmes et de nouveaux manuels scolaires.
Lycée interdit
Le premier coup de semonce est arrivé dès 1994, immédiatement après l’élection d’Alexandre Loukachenko à la présidence de la République. Un décret prévoyait d’interdire tous les manuels scolaires édités depuis 1991, date de l’indépendance du pays. Après de fortes protestations, ce décret a été provisoirement retiré, mais la guerre de harcèlement du régime contre le lycée ne faisait que commencer.
Les financements publics ont été progressivement coupés, et le pouvoir a essayé d’imposer une nouvellle directrice qui ne parlait pas un mot de biélorusse. Chaque année, élèves, enseignants et parents se retrouvaient dans la rue pour essayer de défendre l’établissement. Le lycée a été officiellement fermé en juin 2003, à la faveur d’un plan « d’optimisation du système des établissements d’enseignement ». La direction et les enseignants ont vite pris la décision de poursuivre l’aventure du lycée dans la clandestinité.
Des lois successives sont encore venues compliquer le travail du lycée, qui est considéré comme une organisation non-enregistrée. De surcroît, tout organisme éducatif doit normalement faire l’objet d’une autorisation particulière.
La motivation des élèves et des parents
Les élèves inscrits au lycée sont formellement inscrits comme étant scolarisés à domicile, et doivent se présenter à des examens trimestriels dans le système légal. Ils présentent également le diplôme de fin d’études secondaires en candidats libres. La qualité des enseignements dispensés au lycée leur a toujours permis de réussir sans problème ces examens en langue russe.
Les parents d’élèves collectent de l’argent pour financer le lycée, qui bénéficie également de quelques aides extérieures. Dans la maison qui l’abrite désormais, une belle salle informatique vient d’être installée, grâce à un don de l’ambassade américaine à Minsk.
Le lycée organise aussi régulièrement des stages à l’étranger, qui permettent de regrouper tous les élèves pour une période d’études intensives. À l’été 2003, ils étaient à Vilnius, en Lituanie, et à l’été 2004 en Pologne.
Pourquoi un tel acharnement du pouvoir ?
L’hostilité du régime envers le lycée tient à plusieurs facteurs. Dans l’optique de Loukachenko, le biélorusse ne doit pas accéder à un statut de langue scientifique et moderne. Il reprend la tradition soviétique qui n’accordait à cette langue qu’un statut folklorique.
Le pouvoir est également hostile à toute manifestation d’indépendance et veut contrôler étroitement la société et les structures éducatives. Au lycée biélorusse, une discipline est ainsi oubliée : « l’idéologie de l’État biélorusse », pot-pourri qui sert de justification au « loukachenkisme ».
Deuxième génération née en France , je n’en suis pas moins attaché à mes origines . Alors c’est jusqu’au plus profond de mon ame que je ressent le malaise qui frappe la société Bielorusse lorsque je lis de telles choses . La première question qui me vient à l’esprit est : que pourrait on faire pour aider ce peuple à s’échapper du joug infame qui l’asservit , qui cherche à en détruire chaque miette . Quelles pressions pourraient exercer les grandes puissances pour enfin mettre un terme au regne despotique de Loukatchenko ? Si seulement il y avait du pétrole à Minsk ou à Brest !
J’ai trente et un an , j’espère pouvoir un jour voir de mes yeux la terre de mes ancetres , la maison de famille bref , mes racines . Si j’avais aujourd’hui les moyens financiers d’entreprendre le voyage , je le ferais . Mais quelle torture cela serait de retourner au pays la peur au ventre !
Je réagis à chaud , c’est pourquoi mon intervention n’est guère structurée . Je vous prie de m’en excuser . C’est le coeur qui parle.
Pour terminer , je souhaite apporter mon soutien à tous ceux et celles qui luttent pour que la démocratie l’emporte en Bielorussie , et meme un peu plus à l’est . Car le problème vient en partie , du moins j’ai la faiblesse de le penser , de l’encombrant et pas toujours recommandable cousin ... Un cauchemar qui dure depuis plus de 90 ans ne peut pas , et ne doit plus durer.