Le Courrier de la Biélorussie
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Biélorussie

-  Capitale : Minsk
-  Population : 10 M hab.
-  Superficie : 207 600 km²

Le Courrier de la Biélorussie
En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque : le président Loukachenko
Propos recueillis par Jean-Arnault Dérens

Privatisations bidon, absence de capital étranger, mais relative prospérité due à la rente énergétique... L’ancien gouverneur de la Banque nationale de Biélorussie, Stanislav Bogdankevitch, qui dirige maintenant un Institut d’études socio-économiques basé à Vilnius, explique les recettes très particulières du « miracle économique » biélorusse.

Courrier de la Biélorussie (CdBY) : Sur quelles bases repose l’économie biélorusse ?

Stanislav Bogdankevitch (SB) : La très relative prospérité du pays ne repose que sur trois piliers, le transit et le raffinage du pétrole russe, la métallurgie et la production d’engrais et de produits chimiques. Nous bénéficions directement de la rente énergétique russe, à la fois comme pays de transit pour le gaz et le pétrole, et grâce à nos capacités de raffinage, et parce que nous continuons à payer le gaz russe au prix du marché intérieur... Voilà tout le secret du « miracle économique » biélorusse. Près d’un quart du PIB du pays est représenté par ces cadeaux directs que nous fait la Russie. Ceci dit bien le degré de notre dépendance. 75% des entreprises n’ont aucune rentabilité, mais 200 entreprises suffisent à faire tourner l’ensemble du pays. 120 entreprises fournissent à elles seules plus de 50% du PIB.

CdBY : Quel est le statut légal de ces entreprises ?

SB : La majorité de ces entreprises relèvent officiellement du secteur privé, mais en réalité, les privatisations ont été une vaste farce, et l’État est actionnaire ultra-majoritaire de ces entreprises. D’autres grandes entreprises restent d’ailleurs toujours propriété publique, sous le nom de « sociétés unitaires ».

CdBY : Quelle est la situation sociale du pays ?

SB : En décembre 2005, le salaire moyen était de 250 dollars américains, les retraites d’environ 100 dollars. Ce n’est pas mal, en comparaison avec les pays voisins, d’autant plus que les salaires sont payés avec régularité, mais les prix sont très élevés chez nous, et n’arrêtent pas de monter, en partie parce que notre monnaie, le rouble biélorusse, est totalement surévalué. Le gouvernement fait marcher la planche à billet, parce qu’il ne veut pas assumer les conséquences psychologiques et politiques qu’aurait une dévaluation. Dans ces conditions, 20% de la population, d’après les statistiques officielles, vivent en-dessous du seuil de pauvreté. Les gens ne s’en sortent qu’avec les débrouille. Presque tout le monde a une seconde activité en plus du travail principal. La majorité des familles ont un jardin, qui fournit des légumes et des fruits.

CdBY : Qui est riche en Biélorussie ?

SB : Les hauts fonctionnaires, qui gagnent facilement de 1000 à 2000 dollars par mois, les hauts gradés de l’armée et des structures de force, et une poignée de businessmen proche du pouvoir. Chez nous, on ne peut pas être riche si l’on ne fait pas partie du clan du pouvoir. Le pays est aussi presque totalement fermé au capital étranger. L’État contrôle par exemple toujours plus de 95% du secteur bancaire. Des banques comme Belarusbank ou BelInvest ont été théoriquement privatisées, mais l’État détient plus de 99% de leur capital. Seule la banque Prior est véritablement privée, avec un capital autrichien. Le pays est également fermé aux oligarques russes, dont le pouvoir se méfie beaucoup. En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque : notre président Alexandre Grigoriévitch Loukachenko.

CdBY : Quel est le programme économique de l’opposition ?

SB : Il faut avant que soient respectées la loi et la propriété privée. C’est une condition essentielle pour permettre le développement de petites entreprises qui assureront le développement du pays. Aujourd’hui, près de 7000 petits entrepreneurs privés sont toujours en prison, officiellement pour des délits économiques, en réalité parce que le pouvoir veut étouffer le secteur privé et toute initiative qui lui échappe !

CdBY : Comment voyez-vous la Biélorussie dans cinq ans ?

SB : J’ai peur qu’elle ne soit toujours sous la coupe de Loukachenko.

> En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque : le président Loukachenko
Posté le 18 juillet 2007, par Crane_de_cristal


Bonjour, Le monde est bourré de dictateur, que ce soit aux USA, en Corée du Nord, en biélorussie, en Russie, dans de nombreux pays africains, et j’en passe et des meilleurs (ou des pires je veux dire !!). Le problème n’est pas de savoir si ce sont des dictateurs et des gens qui abusent de leur pouvoir, on sait qu’ils en sont. Le problème est maintenant de savoir pour combien de temps encore, ses "pourritures" vont-ils encore etre libre de leurs actes et tuer des gens impunéments pour un et un seul motif au final : l’argent.
> En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque : le président Loukachenko
Posté le 7 avril 2006


Aucun mot dans votre article au sujet de l’industrie de l’armement de la Biélorussie qui se place en 7eme position mondiale.
En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque, et ailleurs ?
Posté le 24 mars 2006, par petite fleur


Que propose l’UE en echange d’une "democratisation" ? Les pays membres de l’OSCE sont-ils vraiment democratiques ? Avant les urnes, oui, apres c’est autre chose. Quelle est la definition d’un dictateur ? Bush and Co. l’est-il moins que Loukachenko ? La vraie question n’est-elle pas de creer une veritable democratie economique au niveau mondial ? Il faudrait d’abord balayer devant sa porte avant de donner des lecons aux autres. On sait tres bien pourquoi la Bielorrussie agace diferents pays pro-atlantiques, ce n’est pas un probleme de regime politique, c’est plutot la volonte de mettre la main sur des ressources et des marches. Et chacun sait que les Etats-Unis sont des fabicants de dictatures en serie. Celui qui s’y oppose est immediatement diabolise, peu importe les consequences internes qui tendent a renforcer le regime en place. A-t-on vaincu Castro en isolant Cuba ? Non, mais on a mis sa population a genou. A-t-on regle le probleme des Balkans en bombardant les Serbes ? Non, on les pauperises pour longtemps, ce qui n’est pas ideal pour recreer une dynamique democratique. Mais cela a permis aux albanais du Kosovo de terminer le nettoyage ethnique dont ils revaient, en attendant le tour de la Macedoine. La communaute internationale n’est pas plus brillante aujourd’hui qu’hier, lorsqu’elle avait favorise la creation d’un certain troisieme reich. Les menaces qui pesent sur le monde d’aujourd’hui sont l’incapacite recurrente a prendre en compte les realites criantes, tant sous la forme d’injustices economiques que dans l’expression de radicalismes nationaux et religieux, lesquels se nourrissent de cette situation. Tant de peuples vivent dans des conditions de grande pauvrete, souvent associee a une terreur politique, mais cela est passe sous silence. La presse internatinale en est parfaitement complice. Il faut adresser un grand bravo a tous les dirigeants des pays soit-disant democratiques. Leur premiere preoccupation n’est-elle pas de garder leurs fauteuils ? Les problemes vitaux de cette planete et de ses peuples peuvent attendre.
> En Biélorussie, il n’y a qu’un seul oligarque : le président Loukachenko
Posté le 8 février 2006, par Claire


C’est vrai qu’en Biélorussie on n’entend et on ne voit que Loukachenko et ses sbires, mais sur ce site il n’ y a guère que l’opposition. Donnez au moins une fois la parole aux partisans du président. Ne les imitez pas.
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