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Biélorussie

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Nacha Niva : la langue et la culture biélorussiennes en résistance
Propos recueillis par Jean-Arnault Dérens

Andrei Dynko, le jeune rédacteur en chef de l’hebdomadaire culturel Nacha Niva est fier d’être l’héritier et le défenseur de l’histoire prestigieuse du plus vieux journal en langue biélorussienne, interdit de diffusion par le régime de Loukachenka.

Les petits bureaux qui servent de rédaction à Nacha Niva sont une ruche. Tandis que des journalistes travaillent sur la prochaine édition, des volontaires mettent des exemplaires du journal sous enveloppe, puisque le titre n’a pas accès au routage de presse. Un bureau accueille un cours du soir de l’Université populaire biélorusse, interdite par les autorités. Le journal professe ses convictions nationalistes biélorusses, mais ses colonnes sont ouvertes à des collaborateurs de toute sensibilité : des conservateurs proches du Front populaire y côtoient le militant d’extrême gauche Liolik Oushkin, qui dispose de la chronique « Levym Vokam » (De l’œil gauche). Des écrivains et des poètes s’y donnent rendez-vous, croisant les jeunes concepteurs d’un site Internet consacré aux groupes de rock biélorusses interdits par les autorités...

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Andreï Dynko
http://www.svaboda.org

Courrier de la Biélorussie (CdBY) : Quelle est aujourd’hui la situation de votre journal ?

Andrei Dynko (AD) : Nacha Niva a été créé en 1906, c’était le premier journal en langue biélorussienne. Le journal a interrompu sa publication en 1915, pour ne renaître qu’en 1991. Depuis, il poursuit son existence, malgré toutes les pressions. Il faut résister à la tentation permanente de tout laisser tomber et de rester tranquille chez soi. Nacha Niva est un hebdomadaire social et culturel, qui est surtout lu par les intellectuels et les militants de la sociétés civile. Le tirage est de 5000 exemplaires, et le journal est surtout diffusé par abonnement, parce que nous n’avons plus accès au système de distribution de la presse. Seuls quelques points de vente nous diffusent encore.

CdBY : À vos yeux, la langue biélorussienne est un facteur de résistance ?

AD : Nous nous inscrivons dans une culture de la résistance, dont la langue est le symbole et le rempart. D’après le recensement de 1999, 75% des citoyens de Biélorussie ont déclaré que le biélorusse était leur langue maternelle, mais dans le même temps, seuls 37% d’entre eux déclaraient le parler régulièrement. Nous vivons une situation paradoxale, où le biélorusse est toujours langue officielle du pays, mais où le régime poursuit et intensifie la russification. On compare parfois la situation de la langue biélorussienne à celle du gaélique, qui est langue officielle de la République d’Irlande. La réalité est pourtant très différente, car le gaélique et l’anglais sont des langues totalement différentes, tandis que le biélorusse et le russe sont suffisamment proches pour permettre d’innombrables contaminations. Il vaut mieux penser à d’autres exemples, comme celui de la langue catalane, ou celui de l’ukrainien, qui représente notre grand facteur d’espoir. Il y a dix ans, la langue ukrainienne était presque totalement absente de Kiev, qui est aujourd’hui redevenue une ville ukrainophone...

CdBY : Quelle est exactement la politique linguistique du régime ?

AD : 18 journaux sont aujourd’hui interdits. La majorité d’entre eux sont en langue biélorussienne. Le Président Lukachenka est porteur d’une culture avant tout soviétique. L’URSS représente son seul modèle. S’il parlait lui-même publiquement en biélorusse, les choses pourraient être très différentes.

CdBY : Vous associez ce combat pour la langue et la culture biélorussienne à la démocratisation de la société ?

AD : Bien sûr ! La notion de « nationalisme » est aujourd’hui mal comprise en Occident, où l’on pense tout de suite à des phénomènes extrémistes, comme Jean-Marie Le Pen. Mais il faut comprendre que la nation biélorusse est encore en cours de formation, et que ce processus est indissociable de la lutte pour la démocratie. L’exemple ukrainien est encore une fois pertinent : la « révolution orange » était avant tout une révolution nationale, qui a permis à l’Ukraine d’avancer sur la voie de sa propre construction. La Biélorussie possède « l’anomalie » Lukachenka, mais peut-être cet épisode représente-t-il une chance, si notre pays parvient à construire son identité en réaction au mensonge et au vide de « l’idéologie d’État » et du régime qui prévaut depuis dix ans. En tout cas, c’est déjà une chance paradoxale de pouvoir agir, de se lever le matin en se disant que l’on va faire quelque chose d’utile, même si le travail est souvent épuisant.

> Nacha Niva : la langue et la culture biélorussiennes en résistance
Posté le 4 mars 2006, par john gobelet


y’a des pays qui ont une culture et qui n’ont pas la Star Ac’, la Nouvelle Star et la Ferme des Célébrités.

comment est-ce possible ?

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